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Jérémie Guneau, jeune catholique qui fait sensation à la "Nouvelle star" sur M6

En participant au télé-crochet de M6, Jérémie Guneau, jeune rockeur chrétien et dessinateur de 24 ans, souhaitait juste amuser les téléspectateurs. Son passage aurait pu rester anecdotique, comme beaucoup d’autres. Depuis deux semaines, sa prestation affole le Web




Sur Youtube, sa prestation a été visionnée plus de 160 000 fois ! Un buzz exceptionnel, dont Jérémie Guneau, 24 ans, est le premier surpris. « Je me suis inscrit à ce casting pour intégrer le best-of des candidats les plus mauvais », s’amuse le jeune homme, qui s’étonne de tant d’emballement. Car les téléspectateurs sont tombés sous le charme de ce chanteur sans grande voix, mais doué d’un humour contagieux. Et d’une foi décomplexée.

La « Nouvelle star » met en scène un jury de quatre personnalités (les chanteurs Lio et Sinclair, le compositeur André Manoukian et le critique musical Philippe Manœuvre), qui sillonne le pays à la recherche des talents de demain. Les candidats retenus sont ensuite convoqués à Paris. Les meilleurs d’entre eux accèdent à la scène du pavillon Baltard pour une série de soirées en « prime time ».

Ce télé-crochet très populaire révèle parfois quelques « ovnis » médiatiques, tel Jérémie. Lors de l’émission diffusée le 24 février, ce dernier s’est présenté avec un medley – assemblage de chansons – désopilant, avant d’interpréter un tube rock à la guitare, mèche dans les yeux et cuir sur les épaules. S’il a séduit le jury par sa joie de vivre, celui-ci lui a reproché sa « voix abominable » et l’a recalé.

"Lève-toi, et swingue !"
Mais quand André Manoukian a su que l’intéressé jouait dans un groupe de « rock’n’roll garage » chrétien baptisé « The Catholix », il est revenu sur son choix. « J’aimerais avoir une discussion théologique avec ce monsieur », a plaidé l’animateur, mi-sérieux mi-amusé, tandis que la caméra zoomait sur le tee-shirt à l’effigie de la Vierge arboré par Jérémie.

Sur le site Internet Myspace, le Toulousain annonce la couleur : « Faire un concert pour des damnés, des mendiants et le peuple des pécheurs, telle est notre vocation ! Comme a dit Jésus devant le tombeau de Lazare : Lève-toi, et swingue ! » Fervent, à l’évidence. Décalé, sans nul doute ! S’il déteste « la chanson chrétienne mièvre », Jérémie assure pourtant être « un chercheur de sens plus qu’un illuminé ».

Aîné d’une fratrie de cinq, issu d’une famille catholique modeste proche des Amis de l’Arche de Lanza del Vasto, il a suivi sa scolarité dans des établissements jésuite et mariste, a fréquenté les Focolari, et ne s’est jamais vraiment éloigné de l’Église.

"Dépoussiérer un peu l’image des cathos"
C’est à Lyon, tandis qu’il suit des cours de dessin à l’école Émile Cohl et fréquente le milieu des tatoueurs, que sa foi s’enracine pour de bon : « Besoin de me recentrer sur l’essentiel, me nourrir de la Parole… Il m’arrivait d’aller à la messe tous les jours ».

Loin d’être dupe des dangers de la médiatisation, il souhaite « dépoussiérer un peu l’image des cathos dans le grand public ». En un mot, « témoigner ». Proche de l’esprit de Taizé, fan de rock, de saint Augustin et de Guy Gilbert, il cultive un art consommé du paradoxe et affirme vivre sa foi « dans des actions concrètes », comme lorsqu’il chante en famille dans les maisons de retraite.

Jérémie s’apprête à rejoindre Paris. Car le rocker est d’abord dessinateur. Son premier court-métrage, L’idole aux mille reproches, a d’ailleurs été très remarqué.



Et il espère bien se faire un nom dans le monde de la création graphique. Mais d’ici là, l’aventure « Nouvelle star » continue pour Jérémie. Prochaine étape le mardi 17 mars, sur M6.

François-Xavier MAIGRE